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Archive for the ‘Assises Internationales du Roman 2011/ International Forum on the Novel 2011’ Category

Michel Lussault, médiateur de la table ronde que les Assises Internationales du Roman consacraient cette année à la catastophe, notait d’emblée un point commun à Yanick Lahens et Indra Sinha : le rejet du mantra de l’espoir. « L’espoir, c’est tout ce qu’on vend. Quelqu’un qui est dans un dénuement total sait que l’espoir n’est pas la seule réponse », affirmait la première. « L’espoir, renchérissait le second, est une mauvaise chose à Bhopal. L’espoir, c’est écouter les mensonges des politiciens. L’espoir puisé dans l’issue du combat est bien peu de chose en comparaison de la force que l’on puise dans le combat lui-même. » Après la rencontre, l’auteur de Cette Nuit-là a évoqué avec nous un développement médiatique aussi surprenant que controversé de l’après-catastophe de Bhopal, dont s’inspire son roman.

Vous aurez peut-être envie de consulter la vidéo du canular…

… ou le site des Yes Men…

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(1)Soirée « Animal »
(2) Rencontre en librairie avec Gonçalo Tavares
(3) Soirée INA avec Alberto Manguel
(4) Dialogue entre Jean Birnbaum et Alain Finkielkraut
Crédit Photo: MAB

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Le romanicer turc participait jeudi 26 mai à une table ronde sur la présence animale, aux côtés d’Olivia Rosenthal et Marcel Beyer. Célin Vuraler, qui l’a traduit en français pour Actes Sud, a bien voulu répondre à notre questionnaire. 

1.  C’est le directeur de collection d’Actes Sud qui m’a suggéré de traduire Autres cauchemars. Cependant, j’avais déjà auparavant traduit quelques nouvelles de ce recueil pour La Revue des deux mondes.

2. Oui, Yiğit Bener et moi sommes restés en contact tout le long du travail de traduction, car comme vous le savez peut-être, Yiğit Bener est lui-même traducteur du français vers le turc (Il a notamment traduit en turc, Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline) et est interprète français-turc et turc-français. Ainsi, il me semblait évident de profiter de cette situation qui ne pouvait rendre la traduction que meilleure. Et cette collaboration s’est effectivement révélée très positive.

3. Modernité, oralité, résonance.

5. La première version d’un texte me sert généralement à saisir le style de l’auteur et l’ambiance qu’il a créée, comme un peintre ferait un croquis. Une fois embarquée sur ces rails, je réécris successivement. Bien sûr, certains textes demandent plus de travail de préparation que d’autres.

6. La difficulté dans Autres cauchemars a été de conserver les jeux de mots et résonances crées par Yiğit Bener, ainsi que les références politico-sociales indirectes. Le turc ne connaissant pas les genres, il a parfois été difficile de maintenir l’ambiguïté et l’effet de surprise du texte original (Par exemple, dans la première nouvelle « Piqué au vif », qui est construite autour d’un jeu linguistique entre une femme et un scorpion.) Mais, puisque j’avais l’auteur sous la main, j’ai finalement réussi à détourner ce problème !

7. Le titre français est une traduction littérale du titre original, choisie en collaboration avec la maison d’édition.

8. Oui, c’est le premier ouvrage d’Yiğit Bener que je traduis, et oui, j’espère pouvoir suivre sa production. Il vient de terminer un roman, où il évoque notamment son retour en Turquie après des années d’exil politique en Europe. Il sera publié en Turquie très prochainement.

9. A part quelques poètes pour des revues, je n’ai jamais été amenée à retraduire des auteurs déjà traduits.

10. Je viens de finir la traduction des Petits-enfants de Aysegül Altinay et Fethiye Çetin (Actes Sud, 2011), un recueil de témoignages de vingt-quatre descendants de rescapés du génocide arménien.D’autres projets sont en cours avec Actes Sud et d’autres maisons d’édition.

14. Il y en a beaucoup pour la littérature turque ! Très peu d’auteurs turcs sont traduits en français – même s’il y en a de plus en plus -, aussi car nous sommes peu de traducteurs. J’espère pouvoir contribuer à cet enrichissement. Je suis attachée à la poésie et espère également pouvoir traduire quelques poètes contemporains.

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Le romancier d’origine roumaine participera le dimanche 29 mai à la table ronde intitulée Migration, aux côtés de Tahar Ben Jelloun, Abilio Estévez et Alain Mabanckou. Joëlle Dufeuilly, qui l’a traduit en français du hongrois, a bien voulu répondre à notre questionnaire.

1.  Je travaille comme lectrice (littérature hongroise) pour les Éditions Gallimard, et c’est dans ce cadre que j’ai découvert ce roman, que j’ai beaucoup aimé. On peut aimer certains livres sans avoir envie de les traduire, et pour d’autres, au contraire, on éprouve, en les lisant,  le désir de les traduire. C’était le cas pour le roman de Dragomán. La traduction pousse à une lecture beaucoup plus approfondie d’un texte, et j’ai découvert au fil de mon travail combien le texte de Dragomán, dans sa forme comme dans son contenu, était maîtrisé.

2. Je lui ai posé quelques questions par mail. Comme l’auteur avait déjà été traduit en plusieurs langues, il avait préparé une sorte de « guide » à l’attention des traducteurs, où il expliquait certaines choses, sans doute en fonction des questions qui lui étaient souvent posées.

3. Une écriture extrêmement élaborée derrière une apparente simplicité.

4. « Cela faisait déjà plus de six mois qu’on vivait sans papa, il était censé partir en voyage pour une semaine, au bord de la mer, dans un centre de recherche, pour une affaire urgente, quand il m’a dit au revoir il m’a dit combien il regrettait de ne pas pouvoir m’emmener avec lui parce que la mer, à cette époque de l’année, à la fin de l’automne, c’était un spectacle inoubliable, elle était bien plus agitée qu’en été, il y avait d’immenses vagues jaunes, de l’écume blanche à perte de vue, mais ce n’était pas grave, il a promis qu’à son retour il m’emmènerait pour me montrer, puis il m’a dit qu’il ne comprenait pas pourquoi je n’avais jamais vu la mer alors que j’avais déjà plus de dix ans, tant pis, on comblerait cette lacune, et toutes les autres, il ne fallait rien rater, mais on aurait largement le temps pour tout, on avait la vie devant nous, c’était une des phrases préférées de papa mais je n’avais jamais vraiment bien compris ce que ça voulait dire, et quand, ensuite, il n’est pas rentré à la maison, j’y ai souvent repensé, à ça et à cette scène d’adieu, quand je l’ai vu pour la dernière fois, des collègues de papa étaient venus le chercher avec une fourgonnette grise,  je rentrais juste de l’école, si le cours de sciences de la nature n’avait pas été annulé je ne les aurais même pas vus, ils étaient sur le point de monter dans la fourgonnette, ils avaient l’air drôlement pressés les collègues de papa, ils ne voulaient même pas le laisser me parler, mais papa leur a dit d’une voix ferme ne faites pas ça, vous aussi, vous avez des enfants, vous savez ce que c’est, cinq minutes, ça ne changera rien, et alors, l’un de ses collègues, un grand avec des cheveux gris et un costume foncé, a haussé les épaules et a dit d’accord, cinq minutes, ça ne changera rien, c’est vrai, et alors papa est venu vers moi, mais il ne m’a pas caressé les cheveux, il ne m’a pas pris dans ses bras, il tenait sa veste à deux mains devant lui, et il m’a raconté cette histoire sur la mer, et qu’on avait un besoin urgent de lui au centre de recherche, qu’il y resterait une semaine, un peu plus si la situation était vraiment grave, le temps que les choses s’arrangent, et c’est juste après qu’il m’a parlé de la mer, et puis son collègue, le grand avec les cheveux gris, est venu vers nous, et il a posé les mains sur l’épaule de papa en disant venez professeur, les cinq minutes étaient écoulées, il fallait partir, sinon ils allaient rater l’avion, papa s’est penché, il m’a embrassé sur le front, mais il ne m’a pas serré dans ses bras, et il m’a dit de veiller sur maman, d’être un grand garçon, car maintenant c’est moi qui serais l’homme de la maison, je devais être à la hauteur, et moi je lui ai dit d’accord, je serai sage, et prends soin de toi papa, et son collègue m’a regardé et m’a dit ne t’en fais pas, mon grand, ils prendraient bien soin du professeur, et il m’a fait un clin d’oeil, ensuite, il a ouvert la portière sur le côté de la fourgonnette et il a aidé papa à monter à l’intérieur, pendant ce temps-là; le chauffeur a mis le moteur en marche, et, quand la portière a claqué, ils ont démarré, quant à moi, j’ai ramassé mon cartable et je suis reparti vers l’entrée de l’immeuble car j’avais recruté un nouvel attaquant pour mon équipe de foot miniature et je voulais vérifier s’il glissait aussi bien sur la toile cirée que sur le carton, je ne suis pas resté, je ne lui ai pas fait signe, je n’ai pas regardé la fourgonnette partir, je n’ai pas attendu qu’elle disparaisse au bout de la rue.

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… entre littérature et engagement, par Julio Cortozar.

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Et vous, Alberto Manguel? Petite conversation entre revenants. Vendredi 27 mai, à 22h30.

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« Le texte est en général un objet fétiche, à supposer que nous ayons un rapport érotique avec lui. »

– Roland Barthes

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Et Vous, Alberto Manguel? Petite conversation avec des revenants. Vendredi 27 mai à 22h30

Vidéo Ina – Roland Barthes « Le Plaisir du texte…, posted with vodpod

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L’auteur uruguayen participera, dimanche 29 mai, à une table ronde sur l’expérience de l’isolement et de l’enfermement, aux côtés de Percival Everett, Claudie Haigneré et Jean-Pierre Haigneré. Jean-Marie Saint-Lu, qui l’a traduit en français pour Belfond, a bien voulu répondre à notre questionnaire.

1.  L’Écrivain et l’autre a été traduit à l’initiative de l’éditeur, pour qui j’avais déjà traduit les premiers ouvrages de Liscano. [les premières pages du livre sont en ligne sur le site des éditions Belfond.]

2. J’ai une relation très amicale avec Carlos Liscano. Si j’ai une question à lui poser, il me suffit de lui envoyer un courriel, il répond par retour.

3.  simple, claire, expressive

4. Le début du roman La Route d’Ithaque :

  » Ça a commencé je ne sais pas comment. En tout cas, je l’avais bien cherché, et depuis longtemps. J’en avais tellement envie que tout mon corps me démangeait, et ça, ça se paye. Dès qu’on sort des sentiers battus, on commence à le payer. C’est ce que j’avais fait. J’avais quitté l’Uruguay pour le Paraguay. Le Paraguay pour le Brésil. Le Brésil pour la Suède. Et la Suède pour l’Espagne, à Barcelone. Et maintenant je retournais en Suède. Je crois qu’en chemin l’envie m’était encore venue de changer de destination. D’aller n’importe où. On est comme ça, on n’est pas encore arrivé qu’on veut déjà repartir, comme si les choses devaient s’arranger parce qu’on change d’endroit.

Elles ne s’arrangent jamais, les choses, nulle part. Et on le sait, et on ne fait rien. Ou peut-être qu’on ne le sait pas, on est un peu bête, un peu timbré, et on ne s’aperçoit de rien. On les voit, les choses, et on croit que c’est bien comme ça, tout est contre soi et on pense que c’est normal, que c’est la règle. Les choses sont toujours pareilles, où qu’on aille. Elles sont là, qui résistent, indifférentes au froid, à la chaleur, à la pluie.

Je le savais. Ou du moins je le savais en partie. J’avais fait mes expériences, ce n’était pas de ce côté-là que ça me prenait. C’est par une autre porte que le vent m’entrait dans la cervelle. Mais je crois que tout en sachant ce qu’il en était, en plein retour à Stockholm, malgré tout l’idée me passa par la tête de fuir, n’importe où, ailleurs, voir s’il existait un peu de réconfort quelque part.

N’importe où, sauf à Paris. J’ai toujours été mal à l’aise avec les Français, je ne sais pas pourquoi. Ce n’est pas leur faute, aux Français, mais c’est sûr, ils me mettent mal à l’aise. Je n’ai été qu’une seule fois à Paris, quelques jours, en allant à Barcelone, et je n’ai pas ressenti ce malaise. Il était quand même là. »

(suite…)

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